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Les péripéties d’un couple de Grands-Ducs

Début 2020, courant janvier, je me rends sur le site de Rabastens afin de vérifier la présence du couple. Mâle et femelle se répondent dans les environs de l’aire. Les échanges sont nourris et équivoques, nous sommes en pleine parade amoureuse. L’optimisme est de rigueur pour une nouvelle reproduction. Le 20 février, nouveau passage. La femelle est posée dans l’aire, visiblement elle couve. Je l’observe à distance dans ma lunette terrestre, elle me jette un regard presque méprisant puis m’ignore. Elle est imperturbable !

Cependant, les jours passent et la situation sanitaire liée à la covid 19 laisse à penser que rapidement nous allons devoir affronter un confinement. Je décide de revenir une nouvelle fois le 3 mars et le constat est sans appel. Alors que je m’attends à trouver la femelle en place, l’aire est vide, mais deux œufs ont bien été pondus. De mon poste d’observation, j’attends durant plus d’une heure mais rien ne se passe, pas de retour de notre future maman.  Avec l’arrivée du mois de mai nous sommes à nouveau autorisés à sortir librement. Le 19, je décide de retourner sur site et je constate que l’herbe a poussé et le nid a été abandonné confirmant ainsi l’échec de la reproduction. Tant qu’à être présent, je me hasarde à aller contrôler la seconde aire qui n’a plus été occupée depuis 2014. Elle est à environ 80 m de la première. Surprise ! Je découvre un jeune, seul, âgé d’environ 5 semaines. Il attend patiemment le retour de sa mère au milieu des restes de rats surmulots et d’un hérisson.

Ce que je ne sais pas encore à ce moment précis, c’est que le 15 mai 2020, soit 4 jours plus tôt, un Grand-duc d’Europe, mâle, adulte a été récupéré vers 23h30 au bord de la D13, une petite route de la commune de Coufouleux. Cet oiseau, certainement le mâle de Rabastens a visiblement été percuté par un véhicule et a subi un traumatisme. Il chassait à quelques centaines de mètres de l’aire occupée par la femelle et son juvénile et cherchait sa pitance dans les champs environnants au bord du Tarn.

Mais la chance est avec ce couple. La réactivité de Mademoiselle Mathilde Herry la « découvreuse », va permettre une prise en charge et un transport rapide vers le centre de sauvegarde de Castres. Ce Grand-duc va ainsi passer 9 semaines à être soigné et rééduqué. Une fois totalement remis sur pied, nous décidons de lui rendre sa liberté à proximité de son territoire. Emilie Berga et Audrey Walleau salariées de la LPO Tarn se chargent de le convoyer sur place et nous libérons Maître Bubo le 22 juillet 2020 en présence d’une petite dizaine de personnes.

En résumé, je peux confirmer qu’il y a bien eu une seconde ponte sur ce site après un échec non expliqué mais il semble probable qu’à compter du 15 mai, la femelle ait été obligée d’assumer seule la surveillance, la chasse et le nourrissage pour son jeune.

Enfin le 30 août, j’ai pu constater que le petit était devenu grand et volait parfaitement.

Pour cette fois, tout est bien qui finit bien.

Gilles Tavernier

 

Vautour fauve relaché

Le 12 octobre dernier, l’OFB nous a signalé la présence d’un Vautour fauve près d’une habitation sur la commune de Mazamet. Il s’agissait d’un jeune de l’année qui, encore trop inexpérimenté, n’arrivait pas à repartir, coincé entre des maisons et la forêt. Après un examen au centre de soins, il ne présentait aucune blessure mais avait besoin d’être alimenté avant de pouvoir le relâcher dans un endroit plus adapté. Grâce à la collaboration avec la LPO Grands causses, ce jeune vautour a pu être libéré à proximité d’une placette d’équarrissage, alimentée plusieurs fois par semaine, dans un environnement favorable, près des colonies de Vautour fauve des gorges du Tarn et de la Jonte.

Rappelons le rôle essentiel des vautours qui contribuent au « nettoyage » naturel des grands animaux morts, notamment ceux issus de l’élevage. En effet, l’équarrissage par les vautours est non polluant, non consommateur d’énergie fossile, plus efficace sur un plan sanitaire et, accessoirement, gratuit ! C’est pourquoi il est important de leur maintenir une place dans nos espaces agro-pastoraux.

Audrey Walleau