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La migration

La migration est l’ensemble des déplacements périodiques pendant le cycle annuel d’un animal entre le site de reproduction et le site où il séjourne en dehors de la période de reproduction.

A l’automne, des dizaines de millions d’oiseaux migrateurs entreprennent un vol plus ou moins long vers leurs zones d’hivernage, parfois à des milliers de kilomètres. Ils voyagent en sens inverse au printemps, certains par un itinéraire différent. Pendant le trajet, ils traversent des barrières naturelles : mers montagnes, déserts, ils affrontent des conditions météo difficiles : pluie, vents contraires. Ils doivent trouver où s’arrêter pour reconstituer leurs réserves, savoir s’orienter pour rejoindre leur site d’hivernage, ensuite celui de reproduction habituel.

La migration, une réponse au manque de ressources alimentaires pendant une période.

Les insectivores stricts ne peuvent plus se nourrir en hiver car la plupart des insectes ont disparu. De plus, le gel ne leur permet pas d’accéder à la nourriture.

Ils reviennent au printemps dans nos régions quand l’abondance des insectes permet la reproduction.

Les granivores s’alimentent sans trop de difficultés en hiver, sauf en période de gel. Des oiseaux insectivores en été deviennent granivores en hiver, comme la mésange et ne migrent pas ou très localement.

Le suivi des migrateurs se fait depuis des points favorables, chaque année au printemps et à l’automne. Le bagage est une méthode pour connaître leurs déplacements. Le pistage par minuscule balise et GPS dont on les équipe permet de suivre peur itinéraire.

La distance parcourue et les zones d’hivernage dépendent de leur régime alimentaire.

Les barrières physiques, océans, montagne, désert, (2000 km pour le Sahara) influent sur leur trajet et le choix de leur hivernage.

Pour se préparer au départ ils se constituent une réserve de graisse surtout produite par la consommation de baies et qui leur sert de combustible.

L’axe de migration est nord sud chez nous. La plupart des espèces migrent vers l’Afrique sur un front très large, elles peuvent se concentrer en passant par des cols ou le littoral.

On distingue divers types de migration :

  • prénuptiale, au printemps.
  • postnuptiale, à l’automne.
  • altitudinales, le Tichodrome échelette quitte les montagnes pour les falaises en plaine dès l’automne.
  • invasives ou irruptions, certaines années à partir de l’automne on observe des espèces en nombre très supérieur à la normale voire des espèces rares en grande quantité. C’est dû à une excellente reproduction et /ou à la raréfaction de ressources alimentaires, par exemple Jaseur boréal ou Sizerin flammé.
  • de mue, le Tadorne de Belon va muer en mer de Wadden(Hollande).
  • à contre sens, rétromigration, à l’automne, par fort vent contraire des passereaux remontent vers le nord ou l’est. L’aigle botté, surtout des juvéniles viennent d’Espagne et sont contactés en nombre à Gruissan.
  • partielle, seule une partie de la population migre.
  • rampante des petits passereaux, vol sur de courtes distances, les pauses leur permettent de s’alimenter.

La prédation prélève un lourd tribut sur les passereaux. Le faucon d’Eléonore se reproduit en fin d’été sur des iles en Grèce, Sardaigne, Baléares, ile Mogador sur la côte atlantique du Maroc, il capture les passereaux au passage pour nourrir ses jeunes.

Les évènements climatiques, tempêtes, vent, brouillard, mais aussi la modification des habitats, réduisent fortement les effectifs.

Les petits oiseaux attendent un vent arrière, de face, il déporte la trajectoire. Suivre les côtes réduit les risques d’erreur. Les 2/3 des oiseaux volent de nuit.

Les rapaces dépendent des courants thermiques. Ils profitent d’ascendances d’air chaud, souvent sous un cumulus où on les voit disparaitre ou au-dessus de zones rocheuses ce qui leur permet de s’élever en cerclant, puis ils partent en plané jusqu’à la prochaine ascendance. Par vent fort ou le matin certains utilisent le vol battu.

Le vol en formation leur économise l’énergie: oies, Grues cendrées, pigeons.

L’orientation dépend du champ magnétique terrestre et de repères visuels géographiques : reliefs, cotes, des astres : soleil, lune, étoiles. Le compas biologique interne leur permet de maintenir une direction constante en utilisant des référentiels externes dont l’information est traitée par le cerveau. Inné et acquis, ces éléments guident vers la destination.

Les oiseaux disposent, entre autres de compas :

  • solaire, leur horloge interne détermine l’orientation en fonction de l’azimut solaire. Inefficace par temps très nuageux.
  • magnétique, basé sur le champ magnétique terrestre qui est capté grâce à la présence de magnétite dans des cellules spécialisées.
  • stellaire, basé sur les étoiles (étoile polaire) développé par l’expérience, en complément du compas magnétique.

Le jeune coucou gris part après les adultes, son trajet est totalement inscrit dans ses gènes.

Les changements climatiques modifient le cycle migratoire, certaines espèces reviennent plus tôt au printemps, hivernent plus près. La Cigogne blanche délaisse l’Afrique pour hiverner en péninsule ibérique, voire sur le littoral méditerranéen.

A lire : La migration des oiseaux par M. Zucca, éditions Sud-Ouest.

Le site www.migraction.net propose une documentation sur : la migration, la description des sites, des synthèses, une base de données qui permet de suivre la migration chaque jour.

A Roquecezières, en limite du Tarn et de l’Aveyron, l’accueil est assuré du 20/08 au 10/09 par des bénévoles et des salariés. Voir : Connaitre – Sites exceptionnels dans le Tarn – Roquecezières.