Suite à l’asséchement des zones humides de notre pays, la LPO demande le report de la chasse aux oiseaux d’eau prévue le 21 août prochain.
La sécheresse extrême que notre pays connaît actuellement est l’une des plus intenses que nous ayons subies durant ces 100 dernières années. Selon l’Office Français de la Biodiversité (OFB), 43% des cours d’eau sont en assec ou en rupture d’écoulement. Il en va de même pour les zones humides. L’assèchement quasi total de ces milieux est observé dans tous les pays, seules quelques petites zones sont encore en eau aujourd’hui. Ces zones d’eau douce accueillent l’ensemble des populations d’oiseaux d’eau actuellement présentes sur notre territoire ainsi que les premiers migrateurs : on y retrouve des espèces chassables, comme les canards et certains limicoles, mais également des espèces protégées en grand nombre, comme les cigognes, les hérons, les spatules blanches, etc… L’assèchement généralisé, y compris dans les réserves naturelles est aujourd’hui tel qu’aucun espace protégé n’a la capacité d’assurer une solution de secours, d’accueil et de quiétude optimale, à la veille des premiers grands mouvements de migrateurs.
Ainsi, en l’absence d’échappatoire pour les oiseaux, l’ouverture de la chasse le 21 août, entraînera des prélèvements très importants sur des oiseaux, très concentrés sur des surfaces réduites et qui ne pourront aller ailleurs pour assurer leurs besoins vitaux. Ces populations d’oiseaux sont déjà en situation très critique compte tenu du contexte climatique actuel, avec de grandes difficultés pour accéder à la nourriture, se reposer et s’hydrater dans de bonnes conditions : cela entraîne d’ores et déjà un affaiblissement des individus, les rendant vulnérables à différentes pathologies. Inutile d’en rajouter, sachant que si la météo et le climat ne sont pas contrôlables, ne pas ouvrir la chasse le 21 août, n’est qu’une affaire de volonté.
Nous demandons donc que soit reportée a minima l’ouverture de la chasse anticipée, prévue le 21 août 2026 jusqu’à l’ouverture générale de la chasse, fixée au 20 septembre 2026.
Pour Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO : « Alors que nous connaissons une situation de sécheresse intense, l’ouverture de la chasse des oiseaux d’eau entrainerait un massacre et un dérangement sans précédent de l’ensemble de la faune sauvage qui se concentre sur les derniers points d’eau. Le vivant est en souffrance, il impose que le gouvernement prenne les mesures de décence ! C’est aussi cela s’adapter au changement climatique ».




